VICE VERSA est tout bonnement inoubliable [Critique]

Notre avis

910 N’ayons pas peur des mots : Vice Versa est inoubliable. Ses personnages mais aussi et surtout son univers résonnent en chacun de nous. Un film dont on a envie de souvenir, les jours où ça ne va pas fort, pour se rappeler que même la tristesse a ses bienfaits…

VICE VERSA est inoubliable - La Critique de Filmsactu

Si le box-office n’a jamais démenti la domination de Pixar sur la scène du film d’animation, force est d’admettre que le studio à la lampe se trouvait, depuis 2009 et la sortie de « Là-haut », dans une certaine phase de déclin qualitatif. Mais Vice Versa, quinzième long-métrage et dernière entrée en date dans la filmographie prestigieuse de ses concepteurs vient corriger cette trajectoire à peine esquissée. Le talent est une chose difficile à museler.

Vice Versa

Sur le papier, l’étrangeté du concept de Vice Versa se place dans la droite ligne de ce que Pixar a l’habitude de proposer. Jugez plutôt. L’histoire se déroule en grande partie dans l’esprit de Riley, une fillette de 11 ans et met en scène ses émotions. Rien d’étonnant donc venant d’un studio dont les héros emblématiques sont des jouets qui parlent, un veuf acariâtre et un rat qui n’a rien à envier à Paul Bocuse.

Vice Versa



Petit rappel de l’histoire…

Nous suivons donc Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégout, les cinq « émotions en chefs » dans le cerveau de Riley, qui chapeautent les réaction de la fillette et supervisent ses souvenirs depuis un poste de contrôle largement inspiré de l’esthétique high-tech désuète de la série Star Trekdes années 60. Pour poursuivre sur cette analogie, Joie est le Capitaine Kirk. C’est elle l’unique maître à bord, l’émotion principale dans le cerveau de Riley dont les onze premières années dans ce bas monde n’ont été que douceur et volupté. Un état de grâce qui va prendre fin de manière précoce lorsque la famille quitte le Minesotta pour San Francisco, où Riley à du mal à s’intégrer dans sa nouvelle école et à se faire des amis. En parallèle, c’est le branle-bas de combat dans son cerveau. Tristesse est incontrôlable, elle corrompt involontairement les souvenirs que Joie entretient religieusement au quotidien. Et pour couronner le tout, ces deux émotions se perdent dans les tréfonds du cerveau de Riley en cherchant à régler le problème, laissant Peur, Colère et Dégout seuls aux commandes. Ce qui n’est jamais très sain, vous en conviendrez.


Vice Versa

Un souci du détail émerveillant

Pete Docter (Monstres & Cie, Là-haut) et son équipe de scénaristes n’ont pas ménagé leurs efforts pour rendre l’esprit de Riley aussi vivant et détaillé que possible. Ils sont parvenus à dresser une carte du cerveau, certes schématique, mais exhaustive et d’une telle inventivité qu’on ne peut que s’incliner devant le travail que sa mise en œuvre a dû réclamer. Les interminables rangées de souvenirs qu’une équipe de travailleurs s’attèlent jour et nuit à trier, ne laissant pas toujours les plus utiles, le territoire de l’imagination, les abysses sombres et dangereuses du subconscient, le petit train de la pensée et même les studios de cinéma où nos rêves se réalisent chaque nuit… Vice Versa est un festin de métaphores bien senties. Si la narration, alternant sans cesse entre la réalité et le cerveau de Riley, peut sembler un brin ambitieuse pour un film destiné en premier lieu aux enfants, ils n’en est rien. Les interactions entre les deux univers sont parfaitement cohérentes rendant le passage de l’un à l’autre on ne peut plus naturel. Les environnements extrêmement colorés associés à l’action constante se chargeront quant à eux d’émerveiller le plus jeune public.

Vice Versa

N’ayons pas peur des mots : Vice Versa est inoubliable

Les personnages de Vice Versa ne sont certainement pas les plus marquants auxquels Pixar ait donné vie mais l’intérêt du film est ailleurs. Partout ailleurs à vrai dire. Dans son univers débordant d’imagination, dans sa façon d’aborder aussi simplement un thème complexe comme la psychologie qu’un sujet grave comme la dépression. Mais c’est par dessus tout sa manière de résonner au plus profond de quiconque ayant de près ou de loin expérimenté une émotion comme la tristesse qui en fait cette œuvre à part, un incontournable immédiat dans une filmographie presque uniquement constituée d’excellents films. Une œuvre que l’on garde dans un coin de son esprit pour se la remémorer les jours où ça ne va pas. Pour se rappeler que malgré tout le mal qu’elle nous fait, la tristesse a ses bienfaits.