The Punisher : oubliez The Defenders et Iron Fist ! critique série Netflix

Notre avis

810 Vous avez été déçu par les Defenders cet été ? Nous aussi. Ne parlons même pas de l’échec Iron Fist et de la semi déception de Luke Cage. Depuis quelques temps, les séries Marvel Netflix semblent tourner en rond. Dans ce contexte de surplus de super-héros, The Punisher est une bonne surprise… méchamment burnée !

Le showrunner Steve Lightfoot (Hannibal, Narcos) et l’acteur Jon Bernthal (Shane dans The Walking Dead) avaient promis une série sans compromis au niveau de la violence. Ils n’ont pas menti.

The Punisher ne ménage vraiment pas ses bad guys. Ni ses spectateurs.

Explosion de cervelles, balles dans la tête, corps démembrés, bourre pifs en pleine poire, coups de marteau qui brisent les os, fusillades sans pitié, torture… en 13 épisodes, Marvel’s The Punisher s’impose comme adulte, brutal, sombre et dur. Car les méthodes du vigilante Frank Castle sont sales, radicales et dérangeantes. Bien loin de celles de Daredevil ou d’Iron Fist.

The Punisher rappelle aussi bien un justicier dans la ville avec Charles Bronson que le premier Rambo avec Stallone (aussi bien pour l’action crue que pour la dure réalité des anciens soldats de retour du pays) ou encore Homeland.

The Punisher reprend quelques mois après la saison 2 de Daredevil. Frank Castle laissé pour mort survit incognito à New York. Ancien marine des forces spéciales, il s’est transformé en exécuteur publique afin de venger l’assassinat de sa femme et de ses enfants. Ses ennemis sauvagement liquidés, sa rage n’a pas pour autant été vaincue. Une série d’évènements va réveiller la bête qui sommeille en lui et l’amener à mettre en lumière une conspiration qui remonte jusque dans les hautes sphères de l’état.

Daredevil

Au départ, aucune série The Punisher n’était prévue. Mais sa presence explosive dans Daredevil 2 a tellement marqué les fans que Marvel et Netflix ont décidé de bousculer leurs plans pour offrir à ce anti-héros son propre show. Grand bien leur en a fait.

Trois films dans les années 90 et 2000 avaient tenté de retranscrir la hargne de ce flingueur à tête de mort. En vain. Ni Dolph Lundgren, Thomas Jane ou Ray Stevenson n’étaient parvenus à incarner avec justesse ce personnage torturé et ultra-violent.

Doté d’une gueule de boxer, d’un physique bestial et à fleur de peau, Jon Bernthal donne l’impression d’être constamment sur le point de péter les plombs. Il s’impose comme le nouvel espoir de l’action badass et livre une performance remarquable.

Daredevil

Se démarquant des autres séries de super-héros, The Punisher assume son côté thriller urbain nineties ultra badass, noir et sanguinolent. Véritable série B, il nous emmène enfin loin des bastons de couloirs, des filtres de couleurs bon marché, des ninjas acrobates et des forces surnaturelles qui menacent la Grosse Pomme. The Punisher est au contraire frontale. Jon Bernthal donne l’impression qu’il peut tout encaisser. Mais aussi indestructible qu’il est, il se révèle humain. C’est ce qui fait sa force.

Les 13 épisodes ne sont pas exempts de défauts (le scénario sent le déjà vu dans ses twists conspirationnistes) mais l’affaire est rudement bien menée et n’oublie pas de faire exister ses seconds rôles (on retrouve Deborah Ann Wolf en journaliste Karen Page, Ebon Moss-Bachrach en Micro, Ben Barnes en Billy Russo, Amber Rose Revah en agent Dinah Madani).

Bourrin sur papier, The Punisher se révèle aussi un drame sur la condition des soldats de retour au pays traumatisés par ce qu’ils ont vu et fait. Le thème de la souffrance est omniprésente. La série synthétise également les angoisses actuelles de l’Amérique, de sa fascination pour les théories du complot à son problème avec les armes.

La force de The Punisher est de faire son truc sans se soucier des codes des autres productions Marvel Netflix. Oui, il y a encore de l’espoir pour les séries de super-héros sur le petit écran.

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