The Predator : on a aimé le film que les autres détestent – critique monstre et dreadlocks

Notre avis

610 Sans être la réussite que l’on espérait, The Predator est loin d’être la bouse intersidérale annoncée par les critiques américains. Au contraire, le film de Shane Black s’assume comme une série B bourrine, décomplexée, rythmée et débile au parfum 80’s. On adhère même si on rêvait de bien mieux !

Lapidé par les critiques aux Etats-Unis (certains d’entre elles sont allées jusqu’à dire qu’il s’agissait du pire film de l’année) et malmené au box-office, The Predator ne mérite cependant pas l’acharnement dont il fait l’objet.

The Predator

Certes le film de Shane Black est loin (très loin) d’être parfait. D’autant plus qu’il a été charcuté au montage et qu’il a bénéficié de nombreux reshoots (la dernière partie qui se déroulait initialement de jour a été retournée de nuit après les premères projections tests). Ceux qui espéraient une suite à la hauteur du chef d’oeuvre de John McTiernan ne pourront qu’être déçus.

Pour les autres, il reste une série B à gros budget fun, bourrine, à la saveur 80’s et badass, qui s’en donne à coeur joie avec des extra-terrestres dreadlockés venus chasser sur nos terres. C’est certes bordélique mais pas déplaisant. Notamment venant de la part du scénariste de Dernier bon samaritain (Shane Black offre d’ailleurs une des répliques cultes de Bruce Willis à Boyd Holbrook), de l’Arme Fatale ou encore de Last Action Hero.

The Predator

Après Kiss Kiss Bang Bang, Iron Man 3 ou encore The Nice Guys, Shane Black s’est lancé un défi : reprendre la franchise The Predator, après le très mauvais Predators produit par Robert Rodriguez, et lui offrir un nouveau départ. Pour le scénariste de l’Arme Fatale qui a joué au côté de Schwarzy dans le premier film, ce The Predator prend en compte l’existence de Predator et Predator 2. Le reste est oublié.

On est en 2018 à la veille d’Halloween. Un vaisseau se crashe au Mexique alors qu’une unité d’élite de l’armée américaine est en pleine mission. Le Predator à l’intérieur fait un carnage laissant juste le temps au personnage de Quinn McKenna (Boyd Holdbrook, acteur vu dans Narcos et Logan) de lui dérober un artefact et de l’envoyer à son fils autiste en Californie. La suite voit une bande de barbouzes siphonnés du ciboulard se retrouver à traquer et à être traqués par le Predator. Mais pas que… Une créature encore plus dangereuse va faire son apparition.

Le plus gros reproche fait au film est son humour crétin. Soyons francs, les dialogues de Shane Black nous ont fait rire. Aussi gras et lourdeaux soient-ils (comme cette scène entre Thomas Jane atteint du syndrome de tourette face et Olivia Munn). Shane Black manie l’art du dialogue façon missile sol air. De plus, The Predator ne manque pas de bonnes idées. Comme cet autre Predator, plus badass et balaise, qui chasse le plus petit.


The Predator

Cependant, on peut regretter que le film ne soit pas plus réussi. Que les scènes d’action en pleine nuit soient souvent brouillonnes et qu’aucune d’entre elle ne rivalise avec l’intensité du premier film. Même si le Predator émascule, dissèque ses victimes à grand renfort de boyaux et d’hémoglobine, il ne fait jamais peur. Ce qui est dommage. Très vite, il perd de sa dangerosité au milieu des vannes et de l’aspect grand guignol. Cela enlève de la tension aux scènes d’action qui en deviennent quasi cartoonesques.

The Predator est à voir comme un film pop corn (ou à bières). Certes sa bande de héros n’a pas le charisme de celle du premier Predator (on regrette l’absence de Schwarzy) mais c’est rythmé, nerveux, violent, sanglant même si parfois trop bordélique (le film ne va jamais au bout de ses idées) et sans queue ni tête.