Seul sur Mars de Ridley Scott [Critique]

Notre avis

910 Seul sur Mars n’est pas un film profond, métaphysique, mais là n’est pas son ambition. C’est une ode à l’ingéniosité et à la persévérance du personnage de Matt Damon, portée par une réalisation époustouflante, tirant pleinement partie de la 3D.

Seul sur Mars : la critique (Filmsactu)

Isolé à quelques centaines de millions de kilomètres de la Terre, sur la planète Mars, mort aux yeux de son équipage et du reste du monde, Mark Watney (Matt Damon) doit faire appel à toute son ingéniosité et tirer le meilleur parti des maigres ressources à sa disposition pour espérer un jour revoir la Terre dans Seul sur Mars de Ridley Scott.


Seul sur Mars

Utile comme un botaniste sur Mars

Si survivre sur une île déserte après un naufrage ou un crash n’a rien d’une partie de pique-nique en forêt, c’est une toute autre affaire que de jouer les Robinson Crusoé dans un environnement aussi hostile que, disons, celui d’une planète lointaine, stérile et hostile. Mais Mark Watney n’est pas n’importe quel Robinson, non Monsieur. Il est moitié botaniste, moitié MacGyver et il a un seul mot d’ordre, régler les problèmes les uns après les autres. Pas le temps de dessiner des sourires sur des balles de volley… Seul sur Mars est une ode à l’ingéniosité et à la persévérance envers et contre tout. C’est aussi et surtout une célébration de son personnage principal, Mark Watney, incorrigible optimiste, dont les talents de botaniste se révèlent salutaires sur une planète où, c’est connu, absolument rien ne pousse. Matt Damon, qui incarne l’astronaute solitaire, use de son inépuisable capital sympathie dans un rôle qui, rétrospectivement, semble avoir été écrit pour lui. L’interprète de Will Hunting et Jason Bourne est, comme à son habitude, hautement crédible dans la peau du surdoué un peu rebelle et on ne se lasse pas de le voir triompher de tous les obstacles, force de son inventivité, de solides connaissances scientifiques et d’une large dose de bonne humeur.


Seul sur Mars

Fais-le pour la Science

Seul sur Mars n’est pas un film profond, mais là n’est pas son ambition. Il ne vole pas sur les traces d’Interstellar. Si les vastes étendues arides de Mars ne provoquent pas de grands questionnements métaphysiques ni d’introspection chez l’homme d’action qu’est Watney, ce n’est pas seulement parce que la question de la survie au jour le jour est la plus urgente à ses yeux. C’est tout simplement parce qu’il n’est pas ce genre de personnage. Watney est une tête brulée, une rock-star de la science qui sillonne la surface de Mars sur fond de musique disco. Ridley Scott, réalisateur expérimenté s’il en est, a bien compris que le ton enjoué du scénario de Drew Goddard (La Cabane dans les bois), extrêmement fidèle au roman d’origine, ne devait en aucun cas être altéré. À cet égard, Seul sur Mars fait figure d’exception comparé aux autres œuvres de science-fiction de Scott comme Alien, Blade Runner ou Prometheus, résolument plus cyniques. Pour autant, le cinéaste offre un superbe écrin à l’épopée imaginée par Andy Weir. Notamment par des prises de vue martiennes confondantes de réalisme et dont l’immensité n’est rendue que plus vertigineuse par une utilisation particulièrement efficace de la 3D.


Seul sur Mars

Seul sur Mars est une franche réussite sur tous les tableaux. Il jouit d’un scénario ingénieux, d’une réalisation époustouflante tirant pleinement partie de la 3D, d’un Matt Damon simplement parfait dans le rôle de l’astronaute laissé pour mort sur Mars et d’une galerie de seconds rôles aussi prestigieux que Jessica Chastain (Interstellar), Kristen Wiig (La Vie Rêvée de Walter Mitty), Jeff Daniels (Looper) ou encore Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave). Il va sans dire que Seul sur Mars, à l’instar de Gravity, est une expérience à vivre au cinéma, sur le plus grand écran que vous puissiez dénicher et en 3D. Recommandation du docteur.