Pentagon Papers : Steven Spielberg signe un formidable thriller paranoïaque – critique

Notre avis

810 Steven Spielberg n’a pas son pareil pour allier divertissement et sujet engagé. Pour son 31e film, le réalisateur orchestre le suspense comme personne. En pleine ère Trump, Pentagon Papers défend non seulement la liberté de presse mais s’impose comme un formidable thriller paranoïaque.

De quoi ça parle ?

Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental : quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, ont diffusé des mensonges étatiques pour justifier l’intervention au Vietnam, tout en sachant dès 1965 qu’il s’agissait d’une guerre perdue d’avance… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis… Les Pentagon Papers firent l’effet d’une bombe et vaciller Nixon à la Maison-Blanche.

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Qui jouent dedans ?

Tom Hanks, Meryl Streep, Bob Odenkirk (Better Call Saul), Tracy Letts (Homeland), Matthew Rhys (The Americans), Allison Brie (Mad Men), Carrie Coon (The Leftovers), Sarah Paulson (American Horror Story).

Pourquoi faut-il aller le voir ?

– parce que c’est le nouveau Steven Spielberg et que derrière son aspect film d’époque au classicisme apparent, Pentagon Papers est soulevé par une énergie et une mise en scène dont seul le papa d’E.T et d’Indiana Jones est capable

– parce que Meryl Streep (grandiose) et Tom Hanks (égal à lui-même).

– parce que Pentagon Papers a été conçu comme un thriller paranoïaque et se révèle haletant et sous tension du début à la fin.

– parce que dans l’Amérique de Donald Trump, ce film défendant la liberté de la presse est vital et qu’il ravive une conscience politique indispensable

– parce que aussi complexe que le sujet soit, le scénario de Josh Singer (déjà brillant sur Spotlight) se révèle limpide et sans équivoque.

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– parce que le personnage de Meryl Streep en bourgeoise mondaine, propriétaire du Washington Post à la suite du suicide de son mari, s’impose merveilleusement face aux hommes de pouvoir qui la négligent. Pentagon Papers surfe avec réussite sur la vague féministe actuelle.

– Parce que la tension évoque aussi bien Hitchcock que Brian De Palma

– Parce que le casting est bluffant

– Parce qu’on y entend des phrases comme « la presse ne doit être au service des gouvernants mais des gouvernés ».

– parce qu’à l’heure du numérique, être témoin de la fabrication d’un journal papier dans les années 70 est simplement beau.

-parce que Pentagon Papers est le préquel parfait aux Hommes du Président de Alan J Pakula avec Dustin Hoffman, Robert Redford.

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