On a vu ALIEN COVENANT et on le regrette ! – critique

Notre avis

310 Alors que l’on espèrait un retour en grâce de Ridley Scott, Alien Covenant se révèle une déception absolue. Oui Alien Covenant est certainement le pire film de la mythologie Alien. Au secours Ripley !

Mais que s’est-il passé dans la tête de Ridley Scott ? Alien Covenant est la claque de ce début d’année. Malheureusement pas dans le bon sens du terme. C’est sidéré que l’on est ressorti de la projection…

Vous aviez trouvé Prometheus décevant ? Alien Covenant fait passer le précédent effort SF de Sir Ridley Scott pour un chef d’oeuvre. A la manière de George Lucas avec sa pré trilogie, Scott saccage ce qu’il a pu bâtir il y a près de 40 ans. Autant dire que les trailers ne sont pas du tout représentatifs du film final.

Alien: Covenant

Exit Damon Lindelof (Lost, The Leftovers) auteur du scénario de Prometheus. Michael Green (Green Lantern, Logan), John Logan (Skyfall, Spectre) et Jack Paglen (Transcendance) ont cette fois-ci contribué à épaissir la mythologie Alien et à répondre aux questions laissées en suspens. Et le résultat est…. presque consternant. Alien Covenant est le pire film de la saga culte.

Pourtant tout ne démarre pas si mal. L’intrigue se déroule en 2104, dix ans après celle de Prometheus. On suit l’équipage du Covenant, un vaisseau transportant plus de 2000 terriens cryogénisés et de nombreux embryons vers une galaxie lointaine. Mais en cours de route, l’équipage reçoit un étrange message d’une autre planète et décide de s’y rendre persuadé qu’elle pourrait être idéale à coloniser. Pas de bol, le Covenant va devoir faire face à une menace terrible. D’invisibles bactéries contaminent quelques membres d’équipage qui accouchent chacun d’une créature monstrueuse guidée par un pur instinct de destruction.

Alien Covenant débute comme un reboot du premier Alien puis se transforme en suite de Prometheus.

Scott se fout visiblement de ce qui arrive aux protagonistes de son film. L’horreur et le survival ne l’intéressent plus. Les membres de l’équipage servent juste de chair à pâté aux bestioles extra-terrestres (même si le film a le temps de préciser qui est en couple avec qui d’une manière on ne peut plus ringarde et risible). Les acteurs sont sacrifiés à grandes doses d’hémoglobine pour plaire aux amateurs de sensations fortes peu scrupuleux.

Le véritable héros du film n’est pas Katherine Waterston, qui malgré tous ses efforts a bien du mal à arriver à la cheville de Sigourney Weaver, mais Michael Fassender en David l’androïde. Scott se range du côté de la créature et de son créateur.

Pourtant, on plaint Michael Fassbender. Après l’échec artistique d’Assassin’s Creed, ce n’est vraiment pas son année. L’acteur s’offre quelques-unes des scènes les plus kitschs de sa carrière. Qu’il porte une moumoute chourrée à Brice de Nice, qu’il joue de la flûte à bec pour son double ou fasse du kung-fu acrobatique. Sans parler de son apparition dans les bois façon Luke Skywalker dans le Réveil de la Force (quand au « Je suis ton père » que lui lance Guy Pearce dans les 5 premières minutes, il a fait rire toute la salle).

Alien: Covenant

Alien Covenant a beau être soigné dans ses décors, réaliste avec ses vaisseaux et ses équipements high tech, splendide dans les paysages de la planète des Ingénieurs, il n’en reste pas moins paresseux, bavard, maladroit et de mauvais goût.

Et le gore promis par les trailers ? Oui Alien Covenant sait être sanglant. Mais Ridley Scott se fout tellement de ses créatures, que pour s’en débarrasser le plus vite possible, il va balancer des hectolitres de sang. Les apparitions du Xénomorphe sont rares et expédiées. Dans le premier Alien, ses apparitions aussi étaient rares mais sa présence était constante, menaçante même hors champ. Quant aux pauvre Ingénieurs, si flippant dans Prometheus, leur sort est bâclé et peu enviable.

On a effectivement eu envie de crier pendant la séance. Non pas de peur mais de frustration. On vous conseille plutôt d’aller voir Life, série B efficace certes calquée sur Alien mais haletante de bout en bout.

Le seul réconfort à la fin d’Alien Covenant est de savoir que Ridley Scott ne réalise pas Blade Runner 2049.

Alien: Covenant