Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées – la critique du film

Notre avis

710

Plus court mais aussi plus intense que les deux précédents volets, La Bataille des Cinq Armées conclut de belle manière la trilogie du Hobbit. Amputée d’une demi-heure, cette version cinéma risque cependant de frustrer plus d’un tolkieniste en mal de background…

Le Hobbit 3 : la Bataille des Cinq Armées - la critique du film [Filmsactu]

Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées – la critique du film

Propos :Atteignant enfin la Montagne Solitaire, Thorin et les Nains, aidés par Bilbon le Hobbit, ont réussi à récupérer leur royaume et leur trésor. Mais ils ont également réveillé le dragon Smaug qui déchaîne désormais sa colère sur les habitants de Lac-ville. A présent, les Nains, les Elfes, les Humains mais aussi les Wrags et les Orques menés par le Nécromancien, convoitent les richesses de la Montagne Solitaire. La bataille des cinq armées est imminente et Bilbon est le seul à pouvoir unir ses amis contre les puissances obscures de Sauron.


Le Hobbit : la Bataille des cinq armées« La Bataille des Cinq Armées, l’ultime challenge de Peter Jackson ? »


L’épisode final des aventures du Hobbit avait, sur le papier, tout de l’ultime challenge pour Peter Jackson. D’autres réalisateurs de renom s’étant déjà cassé les dents sur ces longs-métrages particuliers, censés délivrer aussi bien une conclusion épique qu’une transition soignée, le risque de se retrouver face à un divertissement bancal était au moins proportionnel à l’attente suscitée par La Bataille des Cinq Armées. Comment faire le lien entre deux trilogies aux tons différents ? Faut-il accentuer le focus sur les destinées personnelles au détriment du background ? Quid de l’inévitable comparaison avec Le Retour du Roi ? Au vu du résultat final, ces questions ont visiblement tout particulièrement travaillé le cinéaste néozélandais. Mais malgré un cahier des charges long comme le bras, l’homme ne semble pas avoir tergiversé au moment de choisir par où débuter sa sixième et, probablement dernière, virée en Terre du Milieu…

Le Hobbit : la Bataille des cinq armées« L’époustouflante introduction donne immédiatement le ton »

En effet, comme pour se faire pardonner de la fin abrupte de La Désolation de Smaug, Jackson reprend son récit exactement au point où il l’avait laissé l’an passé. Pas de blabla ni flashback, l’introduction est entièrement consacrée à l’attaque du désormais ancien locataire d’Erebor contre la pauvre petite bourgade de Lac-ville. En plus d’être visuellement époustouflante, cette séquence donne immédiatement le ton : ce volet sera plus intense mais aussi plus sombre que les deux précédents. Si La Bataille des Cinq Armées n’atteint jamais le dramatisme du Seigneur des Anneaux, il décolle en effet rapidement l’étiquette de conte réservé aux enfants qui pouvait accompagner jusqu’alors le Hobbit. Mis à part quelques scénettes comiques malheureusement distillées à contretemps, ce dénouement met surtout en avant une galerie de personnages torturés, constamment acculés et qui peinent à voir au-delà de leurs simples intérêts personnels.

Le Hobbit : la Bataille des cinq armées« Le retour à Dol Guldur, du fan service de qualité »

C’est d’ailleurs certainement à ce niveau que le réalisateur kiwi effectue son choix le plus tranché, choix qui risque de faire grincer des dents les fanas de la Terre du Milieu version papier. Alors que le face à face entre Gandalf et « le nécromancien » laissait espérer d’en apprendre plus sur la montée en puissance des forces obscures, un seul et unique succinct retour à Dol Guldur suffit à régler la question. En contrepartie, ce passage parfaitement calibré – et le plus artistiquement réussi du métrage – devrait combler les afficionados des films puisqu’il réunit une bonne poignée de personnages charismatiques issus de la première trilogie.

Le Hobbit : la Bataille des cinq armées« S’il ne constitue pas le coeur de l’action, le champs de bataille est sujet de quelques plans à couper le souffle »

Dans le même ordre d’idée, Legolas (dont la présence dans La Désolation de Smaug avait été décriée par certains) monte encore en grade et se voit offrir l’un des trois rôles principaux aux côtés de Thorin et Bilbo, ainsi qu’un nombre de scènes spectaculaires revu à la hausse. Si elle s’étale bien pendant plus d’une heure de bobine, la bataille tant attendue, qui propose quelques plans à couper le souffle (notamment un superbe travelling consacré aux armées naine et elfe), n’occupe véritablement l’écran qu’une grosse demi-heure, la caméra étant souvent braquée sur des duels particulièrement inventifs, se déroulant en parallèle et opposant nos héros à leurs Némésis. Comme si les reproches sur ses multiples fins du Retour du Roi l’avaient marqué au fer rouge, Peter Jackson livre en réalité avec cette troisième partie du Hobbit sa quasi-antithèse : une conclusion plus courte d’une heure, sans temps-morts ou presque mais à l’envergure moindre, puisqu’elle fait systématiquement passer ses protagonistes avant l’univers dans lequel ils évoluent.

Le Hobbit : la Bataille des cinq armées« Cette antithèse du Retour du Roi demeure une conclusion solide »

En somme et s’il n’est pas exempt de défaut – on pourrait également lui reprocher un aspect « découverte » en retrait, une romance un peu longuette ou encore quelques dérapages numériques (dont un Orlando Bloom en apesanteur pas vraiment folichon) – Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées est aussi bien un spectacle parfaitement assumé par son créateur qu’une solide conclusion adressée à ceux qui ont su apprécier les deux premiers volets.