Into the Woods, Promenons-nous dans les bois : Broadway au cinéma [Critique]

Notre avis

710

S’il dépoussière et modernise, dans une certaine mesure, les grands classiques de Disney, Rob Marshall n’en reste pas moins attaché à leur substance première : la magie. Qu’on se rassure, elle opère, essentiellement grâce à une sublime photographie et une musicalité ininterrompue et assumée (traduisez par : ça chante tout le temps !).

Into The Woods, Promenons-nous dans les bois : la critique du film [FilmsActu]

Into The Woods, Promenons-nous dans les bois : la critique du film

Propos : Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge, Raiponce, le Grand méchant Loup… Ces personnages de contes de fées sont réunis dans un même récit, autour d’un boulanger et sa femme qui espèrent fonder une famille, mais à qui une sorcière a jeté un mauvais sort.

Into the Woods : Promenons Nous dans les bois

Les chansons prennent le pas sur le récit


Avertissement aux allergiques des comédies musicales (qui n’auraient pas, au vu de la bande annonce, compris que c’en était bien une), Into the Woods est composé, aux trois quarts, de chansons, dialogues chantés et aventures… sur fond musical ! Bonne nouvelle, la version originale du film a été conservée pour sa sortie en France, de façon à respecter totalement l’esprit général de la pièce de Broadway. Les chansons, par leur qualité et leur omniprésence, prennent le pas sur un récit qui, malgré quelques efforts de créativité, reste ordinaire.

Rob Marshall était l’homme idéal pour réaliser Into the Woods. Après Chicago (2002) et Nine (2009), il signe ici sa troisième comédie musicale, adaptée de la célèbre pièce de Broadway. Le cinéaste s’entoure d’un casting prestigieux, dont deux « habitués » : Meryl Streep (La Sorcière) et Johnny Depp (le Grand méchant Loup), qui ont déjà fait leurs preuves « au micro » dans Mamma Mia ! de Phyllida Lloyd, le second dans Sweeney Todd de Tim Burton.


Into the Woods : Promenons Nous dans les bois

Moderniser les contes populaires

Malgré ce défaut, quelques éléments scénaristiques sont intéressants. Le Petit Chaperon rouge, Jack et le haricot magique, Cendrillon, Raiponce… Rob Marshall s’approprie ces contes « archi-classiques » et les modernise, par petites touches, sans jamais en faire trop. Il s’amuse à ridiculiser les légendaires princes charmants (incarnés par Chris Pine et Billy Magnussen), qui sont, au final, juste charmants, et actualise le statut de la femme, qui n’a plus besoin de l’homme pour être sauvée (There’s no damsel in Distress nous dit-il). Il y a celle du boulanger (Emily Blunt), indépendante et courageuse, ou encore Cendrillon (Anna Kendrick), qui remet en doute sa vie de princesse. Le cinéaste se serait-il inspiré de Maléfique de Robert Stromberg, qui réinvente l’histoire de la célèbre sorcière ? Cette démarche créative rend Into the Woods plus dynamique et nous sauve de l’ennui. Malheureusement, elle ne fonctionne pas sur la totalité du film, puisque la deuxième partie est alourdie par des longueurs et quelques facilités scénaristiques.

Into the Woods : Promenons Nous dans les bois

Un style cinématographique devenu incontournable

Dans la lignée de la série Once Upon a Time, Into the Woods réunit des personnages emblématiques de contes pour enfants et croise leurs histoires. Seule différence : Into the Woods reste résolument ancré dans l’univers fantastique de chacune de ses histoires. L’adaptation live-action de grands classiques Disney est devenu un style cinématographique à part entière, aujourd’hui en plein essor : de La Belle et la Bête avec Vincent Cassel et Léa Seydoux,, sorti en février dernier, aux prochains Cendrillon, Pan, Le Livre de la Jungle et Pinocchio. Pourtant, c’est l’une des premières fois (aprèsIl était une fois de Kevin Lima, en 2007) que plusieurs contes de fées sont réunis en une seule histoire au cinéma. La formule fonctionne-t-elle aussi bien avec les féérique-héros qu’avec les super-héros d’Avengers ? La réponse est oui ! Le mélange des contes n’en devient pas pour autant un mélange des genres : les héros des contes se croisent relativement peu et l’on trouvera la véritable identité du film dans sa musicalité, sa féérie et sa superbe photographie, évidemment très inspirée des dessins colorés et contrastés de livres d’enfants.