Dark Places : Charlize Theron rescapée d’un massacre [Critique]

Notre avis

910

Amateurs de thrillers hauts de gamme, vous êtes servis. La prodigieuse Charlize Theron nous prouve, une fois de plus, son talent d’actrice polymorphe, dans une intrigue noire et terriblement réaliste.

Dark Places : la critique du film [FilmsActu]

Dark Places : la critique du film

Propos : A l’âge de 8 ans, Libby assiste au meurtre de sa mère et de ses sœurs dans leur ferme familiale. Quand on lui demande de désigner l’auteur du drame, la fillette désemparée pointe du doigt son frère Ben, alors âgé de 16 ans. 30 ans plus tard, un groupe d’enquêteurs amateurs, appelé le Kill Club, convainc Libby de replonger dans le souvenir de cette nuit cauchemardesque. De nouvelles vérités vont émerger et remettre en cause son témoignage contre son frère, toujours en prison.


Dark Places

On aurait tendance à croire que Dark Places surfe sur la vague du succès de Gone Girl, film tiré d’un autre roman de Gillian Flynn. Il n’en est rien : Gilles Paquet-Brenner a été le premier à adapter un livre de cet auteure au cinéma. 5 ans après son dernier film Elle s’appelait Sarah (adapté de l’oeuvre éponyme de Tatiana de Rosnay), le réalisateur semble avoir gagné en maturité avec Dark Places : l’ambiance générale est plus immersive, le récit plus poignant, les personnages plus crédibles. Reste l’inévitable comparaison avec Gone Girl, alimentée par le succès de ce dernier mais aussi le marketing, jusque sur l’affiche de Dark Places : « Par l’auteur du best-seller Gone Girl« … Une comparaison qu’on prendra soin d’éviter, tant l’histoire et la technique cinématographique divergent.

Dark Places

Charlize Theron, enfant coincée dans un corps d’adulte

La réalisation est sans bavure, et la narration est, elle aussi, d’une grande fluidité. Bien que la technique du flash-back n’ait rien de révolutionnaire, elle est ici très correctement utilisée pour faire voyager le spectateur dans les souvenirs confus de Libby. On ne se lasse pas, on ne se fait pas larguer et, c’est l’essentiel, tout le monde est encore suspect jusqu’au 20 dernières minutes du film.

Charlize Theron, cheveux courts et casquette vissée sur le front, se fond parfaitement dans son personnage d’incurable victime. Une enfant traumatisée, coincée dans un corps d’adulte aux allures masculines, « blindée » et écrasée par le poids de sa solitude. Elle nous rappelle l’un de ses personnages les plus aboutis : Aileen Wuornos, qu’elle incarnait dans Monster de Patty Jenkins.

Chloë Grace Moretz (Si je reste) et Tye Sheridan (Mud) n’ont cependant pas à rougir : leurs performances donnent un souffle supplémentaire au film. Que reprocher à Dark Places ? Quelques longueurs, des incohérences qui n’intrigueront que les plus pointilleux. Ces détails n’entravent en rien l’intérêt général du film.