Avengers 2 – L’ère d’Ultron : un digne successeur ? [Critique]

Notre avis

710 Doté d’une atmosphère bien moins lourde que prévu, Avengers : L’ère d’Ultron pâtit d’un manque de nouveauté et d’un super-vilain moins charismatique qu’annoncé. (Trop ?) fidèle aux productions Marvel récentes, le film de Joss Whedon délivre cependant son lot de punchlines bien senties et de séquences d’actions démesurées qui valent à elles seules le prix de la place. Un bon moment assurément.

Avengers 2 – L’ère d’Ultron : la critique du film [Filmsactu]

Avengers 2 : L’ère d’Ultron – la critique du film

Propos :Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine. Afin d’empêcher celui-ci d’accomplir ses sombres desseins, des alliances inattendues se scellent, les entraînant dans une incroyable aventure et une haletante course contre le temps…


Avengers 2« L’ère d’Ultron, un digne successeur d’Avengers ? »


Trois ans après la tornade Avengers et son succès indécent au box-office (1,5 milliard de dollars dans le monde !), Avengers : L’ère d’Ultron était sans conteste le film le plus attendu de 2015, juste derrière l’inévitable Star Wars : Le Réveil de la Force, prévu en fin d’année. Programmé pour être un monstre sur le plan comptable, le nouveau blockbuster de Joss Whedon avait cependant pléthore de défis à relever afin de réitérer la claque infligée par son grand frère à la majorité des fans de Stan Lee : être aussi bien agencé scénaristiquement que son prédécesseur – au sein duquel chaque tête d’affiche y trouvait son compte -, livrer un super-vilain de la même trempe que Loki – érigé au rang de personnage culte depuis son numéro mégalo -, parvenir à introduire les jumeaux Maximoff et La Vision ou encore clôturer en apothéose la phase 2 de l’Univers Cinématographique Marvel tout en devenant la nouvelle plaque tournante… Au final, L’ère d’Ultron fait-il un digne successeur d’Avengers ?

Avengers 2« Plus sombre en apparence, L’ère d’Ultron reste dans les codes des productions Marvel… »

Dans un premier temps, il paraît pourtant bien difficile de comparer de but en blanc les deux volets de la franchise tant ils semblent différents. Une impression que laisse le film dès sa séquence d’introduction, notamment de par son esthétique. Fini le bling bling de la dernière fois, les tons sont ici dès les premiers instants beaucoup plus ternes et présagent d’une intrigue plus sombre se déroulant par ailleurs pour sa majeure partie dans un pays fictif d’Europe de l’Est. Finie également la recherche d’équilibre entre les forces en présence. L’ère d’Ultron part en effet rapidement dans tous les sens en abordant la psychologie de ses héros, ses monstres (« freaks »), orphelins de ce qui faisait auparavant leur unité (le Shield, démantelé au terme de Captain America, le soldat de l’hiver). Mais derrière cette apparence qui rappelle les réalisations concurrentes de Bryan Singer jusque dans le design des antagonistes, le dernier bébé de Joss Whedon reste largement dans les codes des productions estampillées Kevin Feige.

Avengers 2« … pour le meilleur mais aussi le moins bon »



Humour toujours présent à coup de punchlines (moins distillées ici par Iron Man que – surprise – par Thor !) et scénario presque simpliste surtout pretexte à des séquences d’actions dantesques placées en intro, milieu et conclusion : la recette n’a que peu changé pour le meilleur mais aussi le moins bon. Si Scarlet Witch et Quicksilver ont parfaitement été intégrés à l’équipe et jouissent d’un traitement équivalent à celui des autres Vengeurs (à l’instar de Captain America et Hawkeye, qui étaient légèrement en retrait dans Avengers), il n’en est hélas pas de même de La Vision et d’Ultron. Bien que dotés d’un design quasi-irréprochable, qui plus est généré par des moyens opposés (maquillage pour le premier, performance capture pour le second), les deux robots dénotent avec le reste du casting pour différentes raisons. Malgré sa place centrale dans le dénouement de l’intrigue, La Vision ne se voit consacrer qu’une très courte introduction tandis que ses aptitudes ne sont pas du tout expliquées et à peine illustrées. Quant au super-vilain Ultron, il souffre tout simplement de ce que l’on pourrait nommer le « syndrome Smaug » : alors qu’il pourrait être réellement intimidant, il se veut bien trop bavard – voire carrément cabotin – pour convaincre véritablement. Malgré ses immenses capacités sur le papier, il ne semble à aucun moment en mesure de mettre à mal l’équipe de super-héros et n’arriveainsi jamais à se hisser à la hauteur d’un Loki (qui s’était vu doter par ailleurs « d’une fin » autrement plus réussie)…

Avengers 2« Niveau action, Avengers 2 comblera les fans »

Pour ce qui est de la technique en revanche, il n’y a pas grand chose à reprocher à ce deuxième sommet du super-héros réalisé par Joss Whedon. L’affrontement entre Hulk et Iron Man (planqué dans son armure « Hulkbuster ») vaut presque à elle seule le déplacement pour son intensité et sa démesure tandis que la bataille finale, bien qu’un peu longue, laisse place à toute l’inventivité d’un cinéaste bien conscient de tirer ses dernières cartouches avant une pause bien méritée (mention spéciale au traitement réservé à Quicksilver, dont l’unique pouvoir a inspiré bien des idées de mise en scène). Finalement, le seul bémol lié à la forme se situe au niveau de la 3D, qui, si elle sublime quelques séquences – un flash forward de Iron Man par-ci, un jet de bouclier de Captain America par là -, assombrit grandement l’ensemble, tout particulièrement durant le premier quart d’heure du film.


Avengers 2« Moins ‘parfait’ qu’Avengers, L’ère d’Ultron est surtout un bon prélude

à Captain America : Civil War »

Doté de qualités indéniables (la technique donc, mais aussi l’écriture et le casting toujours au poil) Avengers : L’ère d’Ultron n’est cependant pas porteur du même vent de fraîcheur que le premier volet en avril 2012. D’une production Marvel à l’autre, les coutures sont de plus en plus apparentes et le semblant de changement de ton ne fait ici pas bien longtemps illusion. Si le dernier bébé de Joss Whedon ne devrait en conséquence pas faire l’unanimité (notamment au vue de l’attente démentielle qu’il a suscité auprès des fans), il demeure un spectacle de qualité et fait figure de prélude satisfaisant à Captain America : Civil War, premier métrage de la phase 3 du MCU (Marvel Cinematic Universe) dont se chargera la fratrie Russo en 2016.