À la poursuite de demain : Brad Bird reçu cinq sur cinq [Critique]

Notre avis

810 Il y a un peu plus d’un an, Phil Lord et Christopher Miller délivraient une superbe ôde à la créativité avec La Grande Aventure Lego. Cinquième réussite de Brad Bird, À la poursuite de demain, beau plaidoyer pour l’optimisme et véritable hommage à la SF d’antan, est son parfait complément.

À la poursuite de demain : la critique du film [Filmsactu]

À la poursuite de demain – la critique du film

Propos :Casey, une adolescente brillante et optimiste, douée d’une grande curiosité scientifique et Frank, un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions, s’embarquent pour une périlleuse mission. Leur but : découvrir les secrets d’un lieu mystérieux du nom de Tomorrowland, un endroit situé quelque part dans le temps et l’espace, qui ne semble exister que dans leur mémoire commune… Ce qu’ils y feront changera à jamais la face du monde… et leur propre destin !


A la poursuite de Demain« Un pari signé Disney »

Hasard du calendrier, c’est entre Mad Max : Fury Road et San Andreas que débarque ce mercredi À la poursuite de demain, une production Disney qui compte bien nous convaincre que notre futur ne se résume pas nécessairement aux mots « dystopie » et « catastrophe ». Voir la firme de Walt prôner une nouvelle fois l’optimisme ? Rien de plus normal. La voir miser 190 millions de dollars sur une histoire originale tournée en prises de vues réelles ? Tout de suite plus intriguant…



A la poursuite de Demain« Un film de science-fiction d’antan »

Au cœur d’une année 2015 gorgée de suites et nouvelles adaptations estampillées Mickey (Star Wars, Avengers, Cendrillon…), À la poursuite de demain fait en effet figure de petit ovni. Doté de superbes bandes annonces mais d’une campagne promotionnelle plutôt discrète, la cinquième réalisation de Brad Bird constitue pourtant une évolution logique au sein de la filmographie d’un cinéaste à qui l’on doit entre autres les grands succès publics et critiques que furent Les Indestructibles et Ratatouille. Après avoir fait ses premiers pas live le temps d’une mission menée par Tom Cruise, c’est avec l’aide d’un autre mastodonte d’Hollywood – George Clooney – qu’il tente d’allier sa propension à distiller du merveilleux au film de science-fiction d’antan.

A la poursuite de Demain « À la poursuite de demain emprunte aussi bien à E.T. et Retour vers le futur que Men in Black »

Car si elles se nomment bien Tomorrowland – titre original bien plus accrocheur –, les aventures de Frank et Casey rendront sans aucun doute plus d’un cinéphile nostalgique. Outre faire l’éloge d’un passé pas si lointain, présenté comme moins fataliste (place mineure réservée à la fiction post-apocalyptique, médias moins alarmistes) et donc plus favorable au développement des esprits créatifs, le métrage reprend les codes de productions qui ont bercées plusieurs générations de têtes blondes. Que ce soit par ses jeunes héros, brutalement tirés de leur quotidien en quartiers résidentiels et plongés dans un univers fantastique, ou sa construction, favorisant sans cesse l’illustration à l’explication (des gadgets, des phénomènes paranormaux), À la poursuite de demain est marqué du sceau d’Amblin Entertainment (chez qui Brad Bird est sorti de l’anonymat) et emprunte aussi bien à E.T. et Retour vers le futur que Men in Black.

A la poursuite de Demain

« À la poursuite de demain emprunte aussi bien à E.T. et Retour vers le futur que Men in Black »

Loin d’avoir pensé son film comme le premier échelon d’une future franchise (fait rare ces temps-ci, le film n’appelle réellement à aucune suite), Brad Bird joue une nouvelle fois la carte de l’émerveillement de tous les instants, quitte à ce que la progression de ses protagonistes soit quelque peu chaotique. La multitude de découvertes et surprises qu’il leur réserve (et à travers eux, aux spectateurs) ne s’enchaîne pas toujours selon la plus imparable des logiques, mais la fraîcheur du casting (impeccable Britt Robertson), le piquant des dialogues et l’originalité de l’univers suffisent amplement à convaincre. Tout juste pourrait-on reprocher une représentation du futur un poil générique d’un point de vue esthétique, architecture épurée et dominante de blanc étant une nouvelle fois de la partie.

A la poursuite de Demain« Un beau plaidoyer pour l’optimisme »



Reste que tout comme La Grande Aventure Lego l’an passé, À la poursuite de demain s’adresse intelligemment aux rêveurs d’hier et d’aujourd’hui. Complément parfait de l’ôde à la créativité de Phil Lord et Christopher Miller, il serait ainsi dommage de se priver de ce beau plaidoyer pour l’optimisme signé Brad Bird.