5 bonnes raisons d’aller voir ANOMALISA [Critique]

Notre avis

910 A la fois drôle et poignant, Anomalisa brille d’une beauté fragile qui se reflète tout autant dans ses personnages que dans sa construction même. Un chef d’œuvre de l’animation d’un réalisme étourdissant.

Anomalisa

Michael Stone, mari, père et auteur respecté de « Comment puis-je vous aider à les aider ? » est un homme sclérosé par la banalité de sa vie. Lors d’un voyage d’affaires à Cincinnati où il doit intervenir dans un congrès de professionnels, il entrevoit la possibilité d’échapper à son désespoir quand il rencontre Lisa, représentante de pâtisseries…

Anomalisa, le nouveau film en stop-motion du scénariste Charlie Kaufman (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Adaptation, Dans la peau de John Malkovich) et du réalisateur Duke Johnson, suit Michael, un homme d’affaires qui se sent aliéné des gens qui l’entourent. A la dérive dans un hôtel de Cincinnati, entre retrouvailles et rencontres, il va tenter de se forger une nouvelle image du monde qui l’entoure… Le résultat, d’une âpre beauté, mérite toute votre attention. Voici donc 5 bonnes raisons d’aller voir Anomalisa.

Anomalisa


1. Pour son minimalisme

Anomalisa a été adapté d’une pièce écrite par Kaufman constituée d’une série de « sound plays » (littéralement, jeux ou pièces de son), l’idée étant que le public y associe ses propres images. L’adaptation visuelle a donc voulu traduire ce minimalisme, et nous donne ainsi à voir un film dans lequel ne figurent que quelques marionnettes et les voix de David Thewlis, Tom Noonan et Jennifer Jason Leigh.

2. Parce que le film animé de l’année est un chef d’œuvre existentiel pour adultes

Candidat solide dans la course aux Oscars cette année pour le meilleur film d’animation, Anomalisa se démarque des autres concurrents dans la mesure où il constitue une plongée dans l’âme d’un homme qui se laisse aller à sa propre détresse existentielle. Loin des Pixar, des films de divertissement pour enfants ou même des autres films en stop motion (aussi géniaux soient-ils, comme l’hilarant Shaun le Mouton) sa singularité réside dans cette alliance paradoxale qui juxtapose animation et hyperréalisme et qui le destine ainsi à un public adulte.

Anomalisa


3. Pour une scène de sexe entre marionnettes

Les réalisateurs ont révélé avoir passé six mois rien que sur cet épisode, le challenge étant de créer une scène qui ne bascule pas dans le comique. Pari réussi.

4. Pour son humour morbide

Le film traite de thèmes universels tels que la routine de l’existence, l’acceptation des autres et l’acceptation de soi d’une façon mordante. Toutes les frustrations du personnage sont détaillées – de la difficulté à trouver la parfaite température dans la douche à celle de manier une télécommande – et les codes qui entourent les interactions sociales sont tournés en dérision au travers d’échanges maladroits dans lesquels nous nous reconnaissons finalement que trop bien.

Anomalisa


5. Pour toutes les questions qui ne trouvent pas de réponse

« Qu’est-ce qu’être humain ? Qu’est-ce qu’avoir mal ? Qu’est-ce qu’être vivant ? » demande Michael Stone, perdu dans un univers où tout se répète et se ressemble. Si l’on vient pour les marionnettes, une scène de sexe et de l’humour grinçant, on reste pour cet ennui existentiel obsédant parce que si proche de nous.


Anomalisa sortira en salles françaises le 20 janvier prochain.